Douce Balade

« Une rencontre, c’est quelque chose de décisif, une porte, une fracture, un instant qui marque le temps et crée un avant et un après ».
Eric-Emmanuel Schmitt.

26 Janvier 2014

Lida :
Bon anniversaire Bya ! En regardant le ciel étoilé, il a dit : « Les gens regardent trop souvent à leurs pieds et ne s’aperçoivent pas de la beauté qu’il y a là-haut ».
En cette journée de dimanche, nous rencontrons une troupe de jeunes latinos jouant aux tambours. Moment magique d’une intensité incomparable. Toute la ville est de sortie en ce jour du Seigneur pour consacrer leur temps libre à des choses simples et renforcer leurs liens familiaux.

Bya Dunia:
J’ai remarqué que la foi est le meilleur moteur pour rassembler et unir les gens.
Au-delà de croire en un Dieu ou en une entité supérieure, elle permet souvent aux hommes de marcher dans la même direction, d’être plus respectueux envers tout ce qui les entoure y compris la nature.
J’ai eu l’occasion de voir la beauté qui émane des personnes plongées dans la spiritualité et l’horreur de ceux qui ne croient en rien.
Ici les gens sont plongés dans la spiritualité depuis toujours. Cela permet cette incroyable cohésion et cette fraternité puissante que j’avais déjà découvertes en Ethiopie.

Lida :
Petit à petit, nous nous retrouvons dans la vieille ville où les énormes gratte-ciels sont remplacés par des maisons à peinture craquelée.
Après une belle ballade, nous regagnons la côte où nous rencontrons deux sœurs.
La plus jeune de 6 ans, aux allures d’une petite dame, dressée sur ses petites chaussures à talons a tout d’une poseuse.
Elles nous sourient et tout naturellement se joignent à nous.
Malgré la barrière de la langue, nous arrivons à nous comprendre facilement.
C’est peut-être cette innocence d’enfants qui leur permet de saisir plus facilement ce que nous essayons d’exprimer. La complicité s’installe.
La petite sœur participe au jeu de tambour de Bya, qui chantonne à nos côtés.
Après quelques photos pour lesquelles les filles s’amusent à poser, la grande sœur s’accapare de mon dictionnaire linguistique et se met à chercher les mots afin d’arriver à construire une phrase en français.
Nous – sommes – amies – maintenant.
Je lui souris. Gênée, elle pose sa tête sur mon épaule.

Bya Dunia:
La nuit tombe, les étoiles se dévoilent enfin et l’écume chantonne quelques douces sérénades pour accompagner ce moment de pur plaisir.
Nous discutons sans vraiment comprendre la langue de notre interlocuteur, mais nous en faut-il vraiment plus ?
L’énergie circule et nous accompagne, elle est comme un point de connexion entre nos langues respectives et permet de se comprendre au-delà des mots.
Les voix derrière nous se heurtent, s’entremêlent et créent une espèce de son qui, en se mélangeant, devient une seule et unique mélodie.
Si l’on ne prend pas la peine de l’écouter, ce n’est qu’un bruit de fond désagréable.
Mais si on se concentre, les voix se regroupent et ce son devient alors joie, bonheur ou encore amour.
Je fredonne dans mon tambour ce qui semble plaire à mon amie qui, timidement, essaye d’imiter mes sons.
Nous nous échangeons ainsi quelques précieuses minutes qui perdureront dans le temps.

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