Hasta Luego Antonio

«Nous repartons demain.
Pourquoi ne pas rester dans ce petit paradis?
Notre marche est impitoyable.
Nos hôtes voudraient nous voir rester une semaine et souffrent de nous voir les quitter si vite:
un comble! « N’avons-nous pas été à la hauteur? »
Peut-on lire dans leur empressement à nous retenir.
L’horreur! Pourquoi faire connaissance si c’est pour rompre aussitôt?
Nos séparations sont toujours déchirantes.
Quitter nos hôtes est sans conteste la chose la plus éprouvante de notre voyage. »

Sonia et Alexandre Poussin.

28 Janvier 2014

Bya Dunia:
Ce matin je me réveille de bonne heure pour tenir notre promesse à Antonio de quitter les lieux aussi vite que possible.
La veille, il nous avait montré un petit robinet pour faire notre toilette, j’avais eu le temps de me nettoyer sommairement avant l’attaque des moustiques mais Lida n’a pas eu cette chance.
Le terrain où nous avons établi notre campement appartient à un médecin américain qui vit avec sa femme à Miami et ne vient au Panama que pour les vacances ou peut-être le contraire, je ne sais plus.
Antonio et sa famille se chargent de la maintenance toute l’année.
Tondre la pelouse, arroser les arbres, nettoyer la maison, etc…
Antonio s’est pris d’affection pour nous, même si nous ne nous comprenons pas, il nous parle comme si nous parlons couramment l’espagnol.
Nous hochons instinctivement la tête, d’autre fois nous approuvons sans vraiment comprendre et répliquons avec le peu de vocabulaire que nous avons.
Il fait comprendre à Lida que si l’on veut rester plus longtemps, nous sommes les bienvenus car désormais il nous fait confiance.
Nous devons malheureusement partir, il le sait mais essaye peut-être de nous convaincre de rester encore un petit peu avec lui.
Nous discutons longuement entre deux tartines du petit déjeuner.
Lida se fait ensuite inviter pour une douche royale dans la maison.
Elle en sortira les yeux remplis d’étoiles et de nouvelles choses à raconter.

Lida :
Pendant que nous préparons nos sacs pour reprendre la route, en nous dépêchant,
Antonio nous sourit et nous fait des signes de temps à autre, pendant qu’il arrose la pelouse.
Nous avons établi un chouette contact avec ce petit homme et j’ai une pointe de mélancolie qui monte en moi.
Peut-être parce que je ressens, entre autres, la mélancolie d’Antonio, qui nous lisons sur son visage.
Un peu comme un enfant, il fait des aller retours vers nous pour échanger quelques mots, quelques gestes.
Il sent que nous sommes sur le point de partir et à travers son comportement, je comprends qu’il essaye de nous retenir un peu.
C’est là que je comprends comment seulement quelques instants, quelques minutes passés avec un étranger, peuvent changer radicalement la façon de considérer une personne.
Entre le moment de la veille où nous nous trouvions devant la grille de la villa et où Antonio nous laissait rentrer un peu méfiant et l’instant présent où la barrière de la crainte était entièrement brisée, il s’était écoulé une nuit.
Hier, nous étions des inconnus.
Aujourd’hui, nous savons que nous nous rappellerons tous les trois de ce petit épisode de nos vies.
Antonio part chercher son appareil photo pour immortaliser notre souvenir.
Nous partons vers un horizon nouveau…

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