Handgain oi (La forêt des élans)

« Depuis mon retour, je me flatte de ce que le monde me semble à certains égards un peu plus grand, et non, comme à l’accoutumée, plus petit et plus creux.
Et cela juste parce que j’ai étendu mon champ d’observation.
J’ai fait une brève incursion là où demeure l’Indien, dans ce nouveau monde qu’il incarne. Il commence là où nous nous arrêtons.
Cela vaut la peine de passer du temps à découvrir de nouvelles facultés en l’homme – cela renforce ce qu’il y a de divin en lui – et tout ce qui suscite à bon droit notre admiration nous permet de nous élever.
L’Indien, qui sait si merveilleusement retrouver son chemin dans les bois, possède une intelligence qui fait défaut à l’homme blanc, et l’observer augmente autant mes propres capacités que ma foi.
Je me réjouis de constater que l’intelligence coule dans d’autre sillons que ceux que je connaissais – cela rachète à mes yeux bien des choses qui auparavant, me paraissaient bestiales. »

Henry David Thoreau (1817-1862).

15 aout 2018

Une douce pensée m’est apparue lors d’un songe où d’un saut majestueux, les enfants de la destinée ont chevauché des élans aux ramures fleurissantes et firent lever le soleil en virevoltant sur les cieux clément de ma conscience.
Une jolie éclaircie caressant leurs désirs d’un monde enfin en harmonie fit danser le coeur de la déesse Sól sur le rythme du galop des Chevaux du Soleil.
Me voilà donc à l’endroit où je devais me trouver, là où je pourrais prendre du recul pour mieux réfléchir.
Chaque soir, assis autour du feu, je rencontre mes ami(e)s avec qui nous partageons nos files de vie et le simple désir d’avancé un peu plus chaque jour.
Les idées ne manquent pas pour raconter ce monde magique dans lesquel nous vivons.
Mille vies de contemplation ne pourraient me suffire pour conter les secrets des forces qui régissent les rêves, l’Univers et le coeur des hommes.
Je laisse donc les choses venir à moi et mon regard s’extasie de découvrir, chaque soir, de quelles teintes l’horizon se vêtira.

Il n’est pas aisé de plonger dans un tel voyage. Cela me prend du temps, beaucoup de temps de préparation, ce qui parait des siècles à mon échelle personnelle… Mais je me prépare doucement à aborder l’étape la plus réjouissante du voyage: La Sibérie.
Cette terre qui recèle d’innombrable mystères m‘offrira quantité de réponses qui m’aideront un peu mieux à évoluer dans l’extraordinaire bibliothèque que nous offre la Nature.
C’est dans cette région particulière du monde qu’est né le chamanisme, croyance qui semble, pour certain d’entre nous, un peu saugrenue car elle évoque le fait que les animaux, la nature et les hommes sont intrinsèquement liés par une même destiné.
Albert Einstein disait : « La seule chose qui interfère avec mon apprentissage est mon éducation ».
Il n’est donc pas difficile pour moi de comprendre, après toutes ces années de recherche, pourquoi les premiers chamanes ont décidé de naître ici.
Et pourquoi je me sens chez moi dans ces lieux où la Création est attentivement interprétée et où règne « le bonheur paisible ».
Dans ces paysages d’un autre monde à l’apparence hostile, jaillit une incroyable source de lumière qui me guidera vers de nouvelle façon d’interpréter le sens de la vie, à la rencontre des Ojun ( chamane en langue iakoute).
Je passerai par la République de Touva, la République de Khakassie, la République de Sakha, mais aussi à Dudinka, à Oulan-Oude.
Puis à Anadyr pour enfin atteindre le détroit de Béring, cette ultime frontière qui fait battre mon coeur comme la première caresse qu’une mère porte à son nourrisson.
L’Alaska sera dès lors sur la trajectoire où battent les tambours du destin.

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