Vancouver

Je pense qu’on se demandait tous ce qui te retenait loin de la Belgique,
ce qui te manquait pour pouvoir y vivre sereinement.
Tu m’avais montré quelques photos de tes années vagabondes, parlé de l’Australie des années 60.
Sans crainte ni peur, peu de choses pouvaient t’intimider et encore moins t’impressionner.
La seule fois où je t’ai vu pleurer c’était pour nous.
Le jour où tu étais venu nous voir, Safari et moi, l’un après l’autre à l’école.
Je crois que j’étais en troisième primaire?
J’étais trop fier de toi, tu n’étais qu’un homme après tout…
Je m’en souviens comme si c’était hier, la directrice avait une peur bleue de toi!
Je me rappelle encore de cette façon que tu avais de faire face à ce taureau qui voulait te charger, ta hache posée sur ton épaule.
Je crois que tu avais plus peur de vivre que de mourir.
Aujourd’hui je comprends mieux la dureté de ton éducation.
Je sais aujourd’hui que tu voulais bien faire et que le monde n’est pas tolérant avec les faibles.
J’ai mis du temps à comprendre et c’est surement pour ça que je suis tombé sur la route, pour finir ce livre que tu avais commencé à me conter.

Père bien aimé,
Je me suis finalement fait de bons amis.
J’ai vu des beautés que je ne saurais t’expliquer avec les mots…
Ma grande soeur à décidé de faire des enfants pour toute la famille et Safari est devenu un artiste rebelle.
Maman Francine, quant à elle, te pleure toujours autant tu sais.

20 Décembre 2011

Ma tête est pleine mais les mots ne parviennent pas à sortir.
Je regarde par la fenêtre du dortoir.
Les gens vont et viennent sur les trottoirs dans un défilé d’incohérence.
L’alcool n’a pas de nationalité, il a le même visage dans tous les pays.
Il s’appelle colère, rire par moment ou joie à d’autres occasions.
A quoi pensent-ils? Où vont-ils ?
Il est 2 heures du matin. Les cris, les larmes, la joie parcourent les rues.
L’alcool est un ami qui vous touche parfois dans votre plus profonde intimité.
Je me hâte et fait mon paquetage.

Check-out!

De temps à autre, je me perds dans mes pensées. Pour ne pas dire tout le temps.
Alphonse de Lamartine avait dit :  » il n’y a pas d’homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie. »
Cette citation n’a jamais été aussi vraie.
Qu’il est dur de voyager en se remettant sans cesse en question.
On a aussi toujours l’impression d’avoir manqué quelque chose, de ne pas avoir assez bien fait son voyage.
C’est frustrant mais en même temps, c’est un excellent carburant.
Cette facilité de voyager commence à me déconcerter de plus en plus et le fait d’avoir pris l’avion gâche un peu plus encore mon voyage.
Sous la douche, j’espérais que l’eau brulante qui tapait sur mon épiderme m’aiderait à voir un peu plus clair.
J’aurais aimé voir le doux visage de Laurie-Anne, me perdre dans le regard d’Inès, sentir la sensibilité de Lucie…
J’aurais aimé entendre Julie m’engueuler une fois de plus pour un rendez-vous que j’aurais oublié. Ca m’aurait apaisé.
Au-delà d’avoir saisi l’essentiel, on ne parvient jamais réellement à mettre la main dessus…

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