Vers la Sibérie

« Depuis mon retour, je me flatte de ce que le monde me semble à certains égards un peu plus grand, et non, comme à l’accoutumée, plus petit et plus creux.
Et cela juste parce que j’ai étendu mon champ d’observation.
J’ai fait une brève incursion là où demeure l’Indien, dans ce nouveau monde qu’il incarne. Il commence là où nous nous arrêtons.
Cela vaut la peine de passer du temps à découvrir de nouvelles facultés en l’homme – cela renforce ce qu’il y a de divin en lui – et tout ce qui suscite à bon droit notre admiration nous permet de nous élever.
L’Indien, qui sait si merveilleusement retrouver son chemin dans les bois, possède une intelligence qui fait défaut à l’homme blanc, et l’observer augmente autant mes propres capacités que ma foi.
Je me réjouis de constater que l’intelligence coule dans d’autre sillons que ceux que je connaissais – cela rachète à mes yeux bien des choses qui auparavant, me paraissaient bestiales. »

Henry David Thoreau (1817-1862).

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