Village de Zhanibek

« Dans les villages que nous traversons, les gens s’attroupent à notre passage, les enfants nous suivent dans des guirlandes de Salam Aleykoum, des hommes nous apportent des pommes, tous veulent nous inviter à boire le thé !
Et nous qui voulions être discrets !
Les voilà donc, ces affreux terroristes que l’on nous vend ? »

Sylvain Tesson.

Octobre 2011.

Fulgure au poing! Hélico-punch! Ah non, je ne suis plus à Volgograd…
Le train entre en gare, il est 00h30, je viens d’arriver au Kazakhstan.
Les Russes à la douane du village d’El’ton m’ont prévenu de me méfier des Kazakhs.
(Décidément chaque pays crache sur le dos du suivant !).

Les gens sont chaleureux, inimaginable !
Je n’ai pas eu le temps de finir mes démarches pour faire valider mon visa, qu’une vieille femme met sa main dans la mienne et me tire.
Une voiture nous attend à l’extérieur, son mari installé au volant me lance un sourire plein de bonté.
Je me suis un peu méfié (vieux reflex Occidental, que voulez-vous), vu que je ne la connais pas et qu’on ne se comprend pas.

Aucune route n’est visible et il y a très peu d’éclairage.
J’aime ces villages perdus à l’autre bout du monde où il n’y a tout simplement rien.
En arrivant devant chez eux, j’ai vu leur maison qui tenait debout par je ne sais quel miracle.
Heureusement qu’il n’y a qu’un rez-de-chaussée pensais-je tout bas.
Maman court vers la cuisine et commence à préparer du thé et quelques amuse-gueules pour briser la glace.
Tandis que son mari me pose mille et une questions que j’essaie tant bien que mal de décoder.

Le lendemain, réveil assez difficile. Je n’ai dormi que 4 heures et la veille un peu plus.
Maman m’a improvisé un lit dans le salon et comme souvent les journées commencent très tôt dans les villages, mon sommeil fut interrompu par l’arrivée d’amis, voisins et enfants venus prendre un café ou un thé avant d’aller travailler.

Présentation de la famille autour d’un petit déjeuner complet: thé, café, saucissons, fromages, œufs, salade et pains faits maison.
Tout le monde prend place et je passe inaperçu comme si j’étais un ami de longue date.
A table, une discussion animée à la congolaise: les gens crient, rigolent et ne parlent que de moi.
Je comprends des bris de mot comme  « tu viens d’où ? Tu t’appelles comment? Quel âge as-tu ? Moi j’ai… . Tu es marié, tu as des enfants ? Tu restes combien de jour avec nous? »
Ca m’a fait chaud au coeur d’être assis au milieu de personnes que je ne connais pas et qui se soucient tant de mon bien-être.

Je suis à la frontière russo-kazakhe, au village de Zhanibek.

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